Au commencement

Cette histoire commence en 2013, de ma rencontre avec un paon, qui deviendra mon premier collaborateur, et moi son premier admirateur, et de mon envie de créer des jolies choses, stylées, en suivant un cahier des charges simple et rigoureux :
– Le moins de pollution possible
– Travailler principalement pour et avec les femmes, aussi pour les hommes bien sûr.
– Que cette activité soit légère pour pouvoir travailler quand je veux partout où j’ai envie
– Que je m’amuse sans limite, que celle de mon imagination
– Que je n’exploite personne, que personne ne m’exploite
– Que j’ai un contact direct avec des personnes, uniques, citoyennes, citoyens, mes contemporains 🙂
– Que je puisse transmettre mes connaissances, mon savoir faire
– Que financièrement, je m’y retrouve
– Que ces choses soient accessibles, que la beauté ne soit pas réservée à ceux qui ont le plus de moyens financiers
Après avoir pratiqué une multitude d’activités dans des domaines divers et variés pour répondre à mes curiosités, nous connaître, quêter mes profondeurs, je souhaitais, une fois revenu à la surface, créer ma propre activité pour mettre mon intelligence, mon âme, mon corps, mon énergie au service de mon cœur en accord avec la nature, la vie sur Terre, pour proposer en partage des choses que j’avais apprises, ressenties sur nos besoins fondamentaux.
Concrètement 🙂 :
J’ai habité un endroit où vivait une dame très âgée, ma chère Madame la propriétaire, des chats bien sûr, et un paon, son paon, Kakak. Pendant une année, j’ai observé cet oiseau là, sans réfléchir à ce que je ferai de ses plumes une fois la mue venue.. Juste le regarder ..
Les paons font une mue chaque année, à l’été, quand la période de reproduction est terminée .. L’été venu, j’ai récolté ses plumes qui tombaient, les grandes, de la roue, les osselles, les plumes des ailes, du cou, du dos, des flancs .. Chaque jour derrière l’oiseau à ramasser tout ce qui tombait, je me suis retrouvé en septembre devant un trésor de plumes d’une diversité de formes, de textures, et de couleurs impressionnant, magique !
Avant d’utiliser mes premières pinces, plumes et perles, je ne savais pas ce que je créerai avec ces merveilles de la nature .. Mais je me suis senti libéré, léger, comme sauvé .. J’avais trouvé ..
Après quelques jours de réflexion, l’idée des boucles d’oreilles s’est imposée : En y travaillant bien, je gagnerais mes libertés, mes joies, dans cette société difficile, dure, lourde.
J’ai développé techniques et style chez moi, sans m’inspirer du travail, des créations d’autres personnes. Ce n’est qu’une année plus tard que je suis allé voir sur internet ce qu’il s’y passait .. J’y ai vu beaucoup de choses, beaucoup de jolies choses .. Surtout rien qui ressemblait à mon style .. Pour proposer au monde quelque chose d’originale, il n’y a qu’un seul chemin, celui de son cœur .. Ce jour là, c’était une confirmation pour moi que je faisais bon chemin ..
Tout ce que j’ai entrepris à cette période fonctionnait. Très vite après mes début, j’ai montré mon travail .. pour voir l’effet 🙂 .. Très vite alors, j’ai fais mes premiers marchés, qui acceptent les non professionnels. Il a fallu créer un stand, des cadres supports pour l’exposition, cadres que j’ai fais moi-même, avec des planches de contreplaqué stockées depuis trente ans dans un hangar .. Résultat magique ! Les plumes m’ont amené à faire des cadres en bois uniques, des chevalets, des sculptures, des meubles .. C’est amusant quand on ne contrôle pas tout .. Quand on est là, comme un surfeur sur une vague fabuleuse et simple .. Juste, on suit la vague .. J’ai aussi fabriqué des centaines de boîtes en carton récupéré de boîtes neuves jetées à la sortie de magasin (une honte dans l'environnement).
J’ai déclaré mon entreprise en 2018, après avoir testé différentes formules, possibilités d’expositions, de distributions. J’ai découvert alors combien il est difficile pour un jeune créateur d’exposer légalement en France, pays qui prétend promouvoir les artistes .. Rien que pour montrer son travail, ce qui est indispensable au processus de création, il est nécessaire d’être astucieux, audacieux, être persévérant, opiniâtre, prendre des risques (Exposer dans la rue, avec ou sans numéro de SIRET, est illégale par exemple). Dans nombre de lieux, il faut avoir franchi le cap de la création d’entreprise, inscrite à la chambre des métiers par exemple dans le cas de mon activité, pour avoir la possibilité d’exposer ses créations.
A partir de 2018, j’ai pu commencer à exposer plus facilement, sur les marchés municipaux, les marchés/salons d’artisans/créateurs, dans quelques boutiques, des festivals, comités d’entreprise. J’ai ouvert une page Facebook (qui serait bien d’arranger à l’occasion). Les ventes se sont multipliées, les appréciations, les regards, les sourires de toutes ces personnes qui ont regardé mes créations avec ces beautés naturelles m’ont encouragé à continuer, persévérer, progresser.
Alors c’est ce que je fais ! je progresse dans la création pure pour laquelle je choisis les matériaux (perles, apprêts) plus judicieusement, plus localement. Je progresse pour l’ensemble de la présentation, avec plus de légèreté, plus de moyens financiers aussi pour investir, notamment dans l’achat de matériel pour pouvoir travailler plus efficacement le bois, dans la création de ce site, pour plus de visibilité sur la toile.
Pour ces derniers investissement, je remercie et félicite Rennes Métropole pour le dispositif mis en place pour aider financièrement les entreprises mises en difficultés depuis l’arrivée du Covid-19 et des réglementations appliquées pour contrôler la propagation de ce virus (confinements, interdiction d’exposer). En effet, 2020 aura été une année sombre pour beaucoup .. Sauf pour la nature, et ça .. c’est tant mieux ..
